Presse

La Science Ac' propulse les jeunes sur la scène scientifique

Depuis 2007, cette association donne un coup de pouce aux lycéens attirés par les sciences : des jeunes issus des zones d'éducation prioritaire rencontrent, le temps d'un stage, des chercheurs dans leurs laboratoires.

 

"Rien à perdre et tout à y gagner" : voilà les mots d’un professeur de SVT du lycée Galilée à Gennevilliers qui ont décidé Kévin Yauy à rejoindre la Science Ac’ et à pousser les portes de l’Institut Curie en 2007. Trois ans plus tard, le voilà sur les bancs de la faculté de médecine, se préparant un bel avenir de médecin-chercheur. "La Science Ac’ a bouleversé ma vision du monde de la recherche", avoue-t-il aujourd'hui. C’est au cœur du 5ème arrondissement parisien qu’est née en 2007 la Science Académie, émanation de l’association Paris-Montagne. Des élèves de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) de la rue d’Ulm ont lancé cette initiative pour les élèves des quartiers  les plus défavorisés d’Ile-de-France. L'objectif n'est pas de dénicher des talents cachés, mais d'ouvrir les portes, encore trop souvent hermétiques, des centres de recherche.

La suite sur  : La banque des savoirs

S. Delage pour la Banque des savoirs sur www.savoirs.essonne.fr



Le monde de l'éducation, 10 mars 2010

> E = mc2, un jeu d'enfant pour Karim

A 18 ans, le lycéen a organisé des conférences publiques sur Einstein :

« Surprenant Karim Benchaib, Lycéen de 18 ans en terminale S au lycée Jean-Vilar, à Meaux (Seine-et-Marne), ce féru de physique a organisé, durant les vacances de février, une semaine spéciale Einstein « On n'en parle qu'en terminale, deux minutes maximum E = mc2, on nous donne la formule et c'est tout», regrette-t-il. Puisqu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, Karim a décidé de prendre les choses en main et d'organiser la semaine "Et 130 ans après Einstein ?", mélange de conférences, de visites et de projections, entre autres à l'Ecole normale superieure (ENS), à Paris. Une demarche qui s'inscrit dans le cadre de la "Science academie", un programme scientifique à destination des lycéens de zones défavorisées. A Paris-Montagne, l'association qui chapeaute la "Science Ac'", on n'avait jamais vu ça "C'est le premier lycéen à faire une semaine thématique. D'habitude, ce sont des thésards", apprécie Sandrine Jamet, chargée des relations jeunes et de l'enseignement secondaire à Paris-Montagne. Six lycéens, tous membres de la "Science Ac''" ont répondu présent à l'appel de Karim. "Normalement, on est une quinzaine pendant les "semaines thématiques", tient-il a préciser Mais deux rendez-vous ont lieu simultanément, et se font concurrence. L'aspirant chercheur en astrophysique est un professionnel de l'organisation.

Dès le mois d'août 2009, il s'est attelé à préparer son projet et a invité des enseignants-chercheurs, doctorants et médiateurs scientifiques. "Je fais beaucoup de choses, donc je suis obligé de m'organiser" reconnaît Karim, qui est, par ailleurs, organisateur de projets humanitaires, et délégué au conseil de la vie lycéenne et au conseil d'administration de son lycée. Le lycéen, qui passe près de 1h30 dans les transports pour rejoindre l'ENS, où se trouvent les locaux de Paris-Montagne, doit également préparer le bac. "Ca m'aide pour mes études, et puis il n'y a pas que le bac dans la vie", relativise cet hyperactif. Six mois et 300 mails plus tard (il a vérifié), la Semaine Einstein peut débuter. Et cela plaît."On parle beaucoup d'Einstein parce que c'est le "people" scientifique, mais quand on demande à nos profs, ils ne nous répondent jamais vraiment assure Thibaut, en terminale S à Paris. "Je savais que ce ne serait pas du temps perdu de venir ici". Côté intervenants la démarche fait mouche "C'est très pertinent, très cohérent, estime Guillaume Trap, doctorant venu parler des trous noirs dans l'espace. C'est bien, parce qu'il y a pas mal de choses différentes, il n'y a pas que de la gravitation". Bien entendu, les orateurs s'attachent à rendre digestes les sujets abordés, qui doivent être adaptés à un jeune auditoire. "Les "anciens" m'ont demandé quelques astuces pour s'adapter au public", reconnaît Karim. La bonne formule, semble-t-il : brandir des schémas et bannir les formules assommantes. Pas sûr que cela aide pour le bac, mais comme dit Thibaut : "C'est toujours de la culture en plus". »       

Elsa Maudet - Le Monde de l'Education - 10 mars 2010

 


POURQUOI L'AVEZ-VOUS FAIT ?

J'ai organisé une semaine sur Einstein


Élève en terminale S au lycée Jean-Vilar de Meaux (77), Karim Benchaib, 18 ans, a réuni à l'École normale supérieure (ENS) de Paris une dizaine de chercheurs, pendant les vacances de février, pour mieux faire connaître Albert Einstein aux jeunes de son âge. « C'est en visitant un laboratoire de recherche, il y a quatre ans, que je me suis découvert une passion pour les sciences. J'ai décidé alors que je voulais être astrophysicien. En classe de physique, à part la formule E = mc2, nous n'étudions pas les théories d'Einstein, malgré leur intérêt. Elles permettent, par exemple, de comprendre le mouvement des étoiles. J'ai eu envie de partager ma passion avec mes camarades. L'association Paris-Montagne, qui propose le programme science académie pour les lycéens de quartiers défavorisés, m'a aidé à organiser à l'ENS cette semaine de conférences et de débats. Ils ont pris en charge la logistique, je me suis chargé de contacter les chercheurs, d'organiser le planning, d'animer les séances... J'ai dû envoyer près de 300 mails ! Mes parents auraient préféré que je passe ce temps à préparer mon bac, mais je sais que cette expérience va me servir, ne serait-ce que pour mieux organiser mes révisions. » 


INTERVIEW AUDREY STEEVES, La Vie du 18 au 24 mars 2010.

Dernière modification : 01/06/2010 12:39